Depuis le 1er janvier 2025, l’interdiction de location concerne les logements classés G au diagnostic de performance énergétique.
Cette mesure accroît la pression sur les propriétaires bailleurs et modifie l’offre locative disponible sur le marché privé.
A retenir :
- Interdiction des logements G effective depuis le 1er janvier 2025
- Fenêtre pour les F limitée jusqu’au 1er janvier 2028
- Coût moyen rénovation d’ampleur estimé autour de 40 000 euros
- Suspension de MaPrimeRénov’ du 23 juin au 15 septembre 2025
Calendrier légal et portée de l’interdiction sur les logements classés G et F
Après la synthèse, il convient d’examiner précisément le calendrier légal et son ampleur pour le parc locatif.
Selon la loi Climat et Résilience, l’interdiction progresse par paliers visant d’abord la classe G puis la F et enfin la E.
Selon le ministère de la Transition écologique, environ six cent mille logements classés G restent concernés depuis 2025.
Impacts observés sur le parc :
- Baisse marquée des annonces de locations nues sur le marché privé
- Gel des loyers applicable aux logements classés F et G
- Risque de vacance forcée en cas d’impossibilité de rénovation rapide
- Pression accrue sur l’offre locative en zones tendues
Classe DPE
Date métropole
Date outre-mer
Estimation parc
G
1er janvier 2025
1er janvier 2028
≈ 600 000 logements
F
1er janvier 2028
1er janvier 2031
≈ 1 200 000 logements
E
1er janvier 2034
1er janvier 2034
≈ 2 600 000 logements
Total
—
—
≈ 4 400 000 logements
Origine légale et seuils du DPE
Ce point précise le fondement juridique et les seuils du DPE tels qu’inscrits dans la loi du 22 août 2021.
Selon la loi Climat et Résilience, les classes sont visées par paliers et selon des seuils de consommation et d’émissions.
Selon le ministère, le DPE combine consommation d’énergie finale et émissions de CO2 par mètre carré et par an.
Conséquences pratiques sur les baux et loyers
La portée juridique se traduit par l’interdiction de signer un nouveau bail ou de renouveler certains contrats locatifs.
Selon la Fnaim, la mise en œuvre de ces règles a déjà réduit le nombre d’annonces disponibles depuis 2018.
Ces obligations poussent directement à analyser les coûts de rénovation et les aides disponibles pour agir rapidement.
Coûts, aides et solutions pour la rénovation énergétique des bâtiments anciens
Face aux échéances, l’examen des coûts et des aides devient central pour les propriétaires concernés par le classement énergétique.
Selon le ministère du Logement, le coût moyen d’une rénovation d’ampleur est estimé autour de quarante mille euros par logement.
Cette réalité financière impose des choix entre travaux, vente ou mise hors marché, avec des conséquences durables.
Estimation des coûts et travaux nécessaires
Ce volet détaille les travaux types et leur coût indicatif pour gagner au moins deux classes au DPE.
Marc, propriétaire d’un deux-pièces ancien, a lancé plusieurs devis et constaté des délais d’intervention plus longs que prévu.
Les actions techniques prioritaires impliquent isolation, menuiseries, renouvellement du chauffage et amélioration de la ventilation.
Principales actions techniques :
- Isolation des murs par l’intérieur ou l’extérieur selon faisabilité
- Isolation de la toiture et remplacement des fenêtres anciennes
- Remplacement des chaudières fioul ou gaz par systèmes performants
- Amélioration de la ventilation et des systèmes d’eau chaude sanitaire
Aides disponibles et contraintes administratives
Le second point précise l’état des aides publiques et leurs limites actuelles pour financer les travaux.
Selon le communiqué gouvernemental, MaPrimeRénov’ a été suspendue du 23 juin jusqu’au 15 septembre 2025 pour contrôle des dossiers.
Cette pause complique la planification, d’autant que les conditions d’attribution seront durcies à la reprise effective.
Aide
Statut
Objet
Conditions
MaPrimeRénov’
Suspension temporaire
Soutien aux rénovations d’ampleur
Reprise prévue avec critères renforcés
Éco-PTZ
Disponible
Prêt à taux zéro pour travaux
Conditions liées aux travaux et au professionnel
TVA réduite
Applicable
Réduction sur les travaux de rénovation
Travaux facturés par professionnels RGE
Aides locales
Variables
Compléments régionaux ou communaux
Dispositifs dépendant des collectivités
« J’ai dû suspendre mon projet de rénovation à cause de l’arrêt temporaire des aides »
Pierre N.
Reste à résoudre l’impasse en copropriété, laquelle complique l’exécution des travaux collectifs nécessaires pour la durabilité.
Copropriétés, dérogations et stratégies pour limiter la perte de logements
Après l’analyse des aides, l’attention se porte sur les copropriétés et les blocages qui empêchent les travaux collectifs.
Selon la Fnaim, l’absence d’avancée législative notable laisse de nombreux bailleurs sans solution pour réaliser les rénovations requises.
Il faut des stratégies opérationnelles pour préserver l’offre locative et éviter une contraction durable du parc disponible.
Blocages en assemblée générale et possibilités de dérogation
Ce point montre comment les votes en copropriété peuvent empêcher la mise en oeuvre des travaux indispensables pour la performance énergétique.
Selon la loi du 9 avril 2024, une dérogation temporaire peut être accordée si le vote est bloqué et les justificatifs fournis.
Les bailleurs doivent constituer un dossier solide pour obtenir cette mesure et limiter le risque de retrait du marché.
Actions recommandées bailleur :
- Constituer un dossier complet pour la demande de dérogation
- Obtenir devis RGE et procès-verbaux d’assemblée pour preuve
- Engager procédures judiciaires si le blocage persiste
- Évaluer vente ou travaux individuels si la dérogation est impossible
Scénarios pratiques : vente, rénovation ou retrait du marché
Enfin, cette section propose des scénarios concrets à acter selon la capacité financière et le contexte de copropriété du bien.
Selon le ministère, la réforme du DPE au 1er janvier 2026 a permis à environ 850 000 logements de sortir du statut de passoire sans travaux.
Sophie, propriétaire, a choisi de recalculer son DPE et a évité des travaux lourds grâce à la nouvelle méthode.
« Grâce à la nouvelle méthode DPE, mon appartement est passé en classe E sans travaux »
Sophie N.
« La suspension des aides complique considérablement la feuille de route des bailleurs »
Claire N.
« J’ai perdu un locataire pendant la période de vacance forcée avant les travaux »
Marc N.
Ces scénarios invitent à une décision rapide pour éviter une contraction durable de l’offre locative et préserver la durabilité des bâtiments anciens.
Source : Thibaud, « 1,3 million de logements menacés d’interdiction », BailFacile, 19 juin 2025.
